Entretien paru dans Fumetto Medio Oriente

1-    Come è nato il tuo lavoro? Come hai iniziato a interessarti alla grafica?

Etre dessinateur ne s'improvise pas. C'est « naturel » que tous les enfants commencent par dessiner avant même d'apprendre à écrire, cela expliquerait sans doute comment les hommes de la préhistoire racontaient leurs quotidiens en dessinant dans les cavernes. Mais cet élan est insuffisant, il faut entretenir la passion. Je suis devenu dessinateur en illustrant mes cahiers d'écoles car je trouvais le contenu des leçons un peu fade et les dessins pas à mon goût. Plus tard, pendant de longues après-midi, je confectionnais des journaux de bandes dessinées pour mes sœurs frères. Puis lire les quelques journaux et magazines disponibles à l’époque m’étais très bénéfique, jusqu’au jour ou je reçois par la poste un grand paquet de vrais albums cartonnés de Bandes dessinés d’un ami français de la famille. Un cadeau inestimable qui m’a donné l’envie de me mettre devant mon bureau et commencer a dessiné des planches. Après le bac, j'ai choisi de faire une école d'art en espérant faire du dessin mon métier.

2-    Cosa ha ispirato la tua formazione? Hai avuto dei modelli di riferimento particolari? Dove ti sei formato alla professione di illustratore e fumettista?

Faire des études pour être dessinateur de Bande dessiné ou d’illustrateur en Tunisie est inexistant. J’ai du me contenter de rejoindre l’école des Beaux Arts de Tunis pour étudier l’histoire de l’art en premier lieu puis de me former en tant que désigner graphique, parce que faire des maquettes, dessiner de la typographie me passionnait énormément. Cela aide vraiment à se forger une culture visuelle mais sans vraiment influencer mon travail de dessinateur. Mes professeurs de dessins analytiques me regardaient d’un mauvais œil, car je faisais du » Cartoon ». Je me suis formé un peu seul on collaborant avec des journaux d’enfants tunisiens et en acceptant de faire des commandes d’illustrations ou de bandes dessinées pour les plus jeunes, ou des fanzines pour un public plus adulte. Au début regarder les travaux de Moebius, Franquin, Pratt étais aussi captivant que motivant, puis c’est avec la nouvelle génération qui s’éclore en France chez des éditeurs comme L’Association ou Cornélius, ou un petit peu en Europe et en Amérique, qu’on se sent plus libre d’aborder la bande dessinée pour raconter des histoires plus personnelles et graphiquement plus audacieuses. Baru, Sfar, trondheim, Ware, Satrapi, Clows, Sacco, Blain, Igort, Gipi et tant d’autres que m’est impossible de tous les cités, sont un véritable vivier d’inspiration qui m’accompagne maintenant quand je me mets au travail
J’ai par la chance de joindre un grand studio naissant de dessins animés pour participer à la réalisation d’une sérié d’animation avec plusieurs autres collaborateurs méditerranéens. Ce qui m’a permis de continuer à dessiner dans un milieu professionnel. Le projet à du faire faillite après trois ans et j’ai du joindre maintenant une agence de publicité mais cela m’est un peu néfaste. Le temps est très réduit pour me lancer dans des projets de dessins plus personnels.


3-    La tua attività è molto ricca: tu cosa preferisci realizzare, fumetti o illustrazioni  Cosa permette di esprimenti con maggiore libertà?
En essayant de renouveler mon style, j’ai du commencé par exclusivement de illustrations car j’ai voulu travailler pour l’édition jeunesse et illustrer des livres pour enfants. L’illustration est moins lourde comme dispositif pour travailler sans trop s’ennuyer sur la longueur. C’est aussi parce qu’attaquer un projet d’album de bandes dessinées me semble plus lourde et demande des qualités narratifs autre que le dessin. L’absence de bon scénarios ou des thèmes plus personnels m’on du freiner au début pour faire mon propre album.
Oui faire de la B.D prend beaucoup de temps pour la bonne et simple raison que je ne peux m’y mettre que le soir, et une bonne partie de la nuit, après le boulot… Il faut bien gagner sa vie !  (mon travail dans l’agence de pub). Ce qui demande du temps c'est le choix du mode de traiter l’idée, l’idée préexiste toujours et aussi une certaine vision globale du travail….


4-    Quanto e come il tuo paese incide nella creazione delle tue strisce, soprattutto dopo i fatti recenti? Quanto la società contemporanea influisce sulla creatività di un artista del Nord Africa?

Ce qui se passe en Tunisie depuis des années suscite vraiment l'intérêt. Tout les artistes, créateurs et dessinateurs on voulu saisir ce qui ce passe ici, et ce depuis longtemps, mais le total manque de liberté et l’absence de tout soutien rend trop difficile le travail de ces gens. L'injustice sociale, la corruption, la violence policière sont le pain quotidien des tunisiens. Le déclic fut une bavure policière et un interrogatoire qui a duré une nuit, avec douze flics !! J’ai alors décidé de raconter cette mésaventure. J'ai déjà commencé à travailler sur l'histoire d'un jeune qui se suicide, bien avant le cas de Bouazizi. Un ami éditeur au courant de ce projet m'avait recommandé à Francesco Boille, le responsable B.D de l'Internazionale qui m'avait commandé du coup des planches portant sur la révolution en Tunisie… C’était, quelque part, en continuité avec mon projet initial. Pour le moment travailler sur la Tunisie demeure aussi très intéressant. Il y a encore des choses à raconter.

5-    Secondo il tuo punto di vista, è possibile che larte possa rappresentare un importante mezzo di propaganda? In base a questa riflessione, come si colloca la tua esperienza personale?

L’art est toujours à toujours exister pour accompagner la propagande et vanter les mérites d’une doctrine qui cherche à tout prix à accabler les gens. La prise en main des arts par Goebbels et Mussolini mais aussi avec les soviétiques ont le meilleur exemple de cette utilisation malsaine de l’art, même si énormément d’œuvres magnifiques on vu le jour sous ses régimes. Et c’est ce modèle précis qui à servi d’exemples à des régimes dictatoriales. La Tunisie comme étant un pays en développement avec des aspirations socialiste à du en user de l’art pour sublimer un modèle qui ne cesse de perdre ses repères. Le recours à l’art fut utilisé depuis l’indépendance pour vanter les mérites d’un nouveau modèle sociale qui réussit. Même si la peinture et le dessin on du perdre de leur influence depuis quelques, d’autres formes d’art ont du prendre le dessus pour vendre les « réussites » du régime de Ben Ali. Mais cela à du  très vider l’art de son sens et le décrédibiliser aux yeux des gens. L’art est écarté de la sphère sociale pour se mettre au service d’une classe plus bourgeoise ou au pouvoir. Et l’art est perçu comme une autre manière de passer des mensonges, tant qu’il ne s’implique pas pour engager la critique de ce qui ne va pas. La bande dessiné qui n’a pu jamais exister en Tunisie, le cinéma et le théâtre on beaucoup souffert durant les vingt dernières années par le manque de soutien, l’absence d’aide financier en se laissant pas dicter la volonté du régime.

6-    Senti che il graphic journalism è una strada che vuoi intraprendere regolarmente?

Je ne pense pas que je vais beaucoup continuer à faire du Graphic journalism comme à la manière d’un Joe Sacco, mais de raconter ce qui se passe dans une forme plus fictionnel. Le dessinateur doit poser un regard particulier et neuf sur son sujet, qui n’aurait pu être traité autrement qu’en bande dessinée et telle est sans doute la spécificité de la bande dessinée en général. C'est comme au cinéma, un dessinateur a les moyens de faire son propre cadrage, il n’a pas  la prétention de réaliser un polaroid exact de ce qui se passe (et heureusement !). Ari Folman à pu dépasser ce cap en proposant le premier film documentaire dessiné du genre avec « Waltz With Bashir ». J’ai bien peur que les gens qui vont me lire auront un sentiment de regarder un énième reportage sur la Tunisie dans leur JT. Même si le du Graphic journalism à des beaux jours devant lui. Le succès de XXI en France avec des reportages dessinés et davantage d'espace dédiés au journalisme graphique en est la preuve.


7-    Quali sono i tuoi prossimi progetti? Cosa prevedi per la tua crescita personale come artista e come membro della tua comunità? Come speri si realizzi la grande rivoluzione che sta vivendo il tuo paese?

La révolution tunisienne est en passe d’être l’une de plus importante dans ce siècle, n’est au moins parce qu’elle à pu provoquer un séisme politique sans précédant dans les autres pays arabes et semer la pagaille chez les dictateurs arabes. La nouvelle carte du monde se dessine en ce moment et nul ne peut en prédire les nouveaux contours, même si les états unis sont toujours là pour essayer de préserver leur intérêts et mettre en œuvre un système prévisible et hors de nuire. Mais là on a un chance énorme pour mettre en pied un pays démocratique et laïque qui œuvre pour le respect de chaque citoyen, mais aussi une opportunité personnelle pour réaliser mes propres bandes dessinés sans être confronté à la censure et la marginalisation. C’est aussi une occasion de vivre les changements qui se déroule en participant activement à un travail de chronologie mais surtout de critique à une société naissante. Je travail en ce moment sur un livre personnel pour décrire ce qui se passe réellement à Tunis, ma ville natale, et ce qui changé depuis la révolution. Et peut-être sur un projet artistique qui va se pencher sur les archives de la police politique.

http://issuu.com/tunue/docs/fumetto_medio_oriente_serenella_dimarco

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